samedi 24 juillet 2010


L'absolu



Je pourrai parler d'une recherche d'absolu, il y a quelque chose de ça dans mon attitude photographique. Mais, une recherche d'absolu quelque peu désabusée ; l'absolu... ça reste quelque chose d'indéfini, un mot que l'on met sur l'innommable, sur l'inconcevable aussi, sans doute. Je me demande parfois si l'absolu ne supplante pas le divin dans la société post-mort de Dieu ; s'il n'est pas une nouvelle panacée contre la peur de la vacuité, de l'insignifiance. L'absolu n'est peut-être pas grand chose, c'est peut-être juste rien. Cela m'irait de dire que je photographie rien, dans le but d'atteindre rien. Je voudrai retenir les souvenirs, garder les personnes. Une photo n'a jamais su faire cela. On n'arrête pas le temps, au contraire, au moment où l'on appuie sur le bouton, la chose extraordinaire que nous arrivons à faire c'est de rendre passé le présent, de le transformer en mémoire. Photographier, c'est plus marquer la perte que conserver. On conserve la lumière différée des choses perdues, juste une lueur lointaine, défaillante, qui marque la distance, la vanité de toute tentative pour l'atteindre. C'est aussi ce qui lui donne une beauté, une poésie, une grandeur souvent supérieure à celles du sujet ; quelque chose de l'absolu.

***


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire